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Éco-quartiers, Participation citoyenne, Exemples et outils
La Concertation
La participation citoyenne à la politique du développement urbain est une source de créativité et d'innovation. Elle donne une nouvelle légitimité aux acteurs professionnels et aux élus. Nous présentons plus loin l'histoire participative du quartier Vauban à Fribourg (2 500 logements, bureaux, services...) qui est souvent cité comme un exemple en matière de quartier durable en Europe. La mobilisation des premiers concernés, les habitants, ainsi que la mise en place d'un dispositif original et d'une nouvelle organisation des procédures et des instances, ont permi de créer les conditions favorables à cette créativité. Le résultat représente une nouvelle qualité urbaine et donne matière à réflexion pour les projets ambitieux en France et ailleurs.
Chaque intervention sur la ville doit gérer des intérêts contradictoires. Les équilibres économiques, sociaux et environnementaux sont perturbés par l’action et les acteurs ou personnes concernés s’expriment leurs intérêts souvent contradictoires. La décision finale revient sans contestation possible aux élus. Désignés pour représenter l’intérêt général, ils doivent assumer leurs choix qui, pourtant, sont éminemment politiques.
Certes, la concertation est inscrite dans les fondations de la République. Elle doit protéger le citoyen contre la puissance écrasante de l’état et notamment en cas de projet d’expropriation. D’autre part des lois comme la loi SRU de décembre 2000 renforcent encore ce dispositif et rendent certaines actions de concertation obligatoires.
Cependant la réalité reste difficile. Certains élus peu enclins à dialoguer avec les citoyens entre deux élections se débarrassent de ces procédures en minimisant la communication et de l’organiser pendant des vacances d’été. D’autres actions très ambitieuses en revanchent, ne parviennent pas à des décisions partagées ou sont débordées par la contestation de principe ou le débat idéologique stérile.
Les intérêts de la concertationContrairement à ce qu’on peut penser, une concertation efficace peut économiser du temps et de l’argent. Introduite dès le départ dans une opération d’aménagement elle peut éviter des erreurs et donc des modifications ultérieures très onéreuses. D’autre part elle favorise l’aspect partagé des décisions et diminue ainsi le risque du rejet du projet par la population et des contentieux devant les tribunaux très frustrants pour tous et d’un prix politique élevé.
Un potentiel majeur de la concertation est la prise en compte de « l’expertise d’usage ». Pourquoi ne pas élaborer les projets urbains avec les premiers concernés, les habitants et les autres usagers ? Cette rencontre entre professionnels, élus et citoyen concerné peut fournir une mine d’information très précieuse basée sur le vécu, les besoins et attentes. Il nous semble dommage de vouloir se passer de cette source de créativité qui contribue à la qualité des réalisation dans la durée.
Enfin une bonne concertation crée du lien social qui fait défaut à nos villes et quartiers le plus en plus anonymes. La solitude se répand dans les lotissement où on cherche la distance, ou dans les cages d’escalier où on évite l’autre. Des actions de concertation peuvent réunir à nouveau tous les acteurs, les voisins, actuels et futurs, et tous les autres usagers du périmètre en étude.
En dernier lieu nous soulignons qu’une bonne concertation peut renouveler la légitimité des professionnels et élus engagés. Leur mission consiste à trouver des solutions au service des citoyens et de l’intérêt général. Actuellement on leur reproche régulièrement de négliger des intérêts des uns au dépend d’un autre. Ce sentiment d’injustice peut se transformer en méfiance généralisée envers les décideurs et professionnels. Un dialogue ouvert et sincère permet à renverser cette tendance qui mine aujourd’hui notre société et qui s’exprime par des comportements de plus en plus violents.
Pacifier le débat, renouer le lien, partager des décisions, stimuler la créativité, éviter les litiges, se sont d’autant des enjeux d’une concertation sincère et ambitieuse.
Le terme de « concertation » peut être défini comme une politique de consultation des personnes intéressées avant qu’une décision soit prise. En soit rien n’indique la nature exacte de cette consultation. Généralement on peut distinguer trois niveaux d’implication des acteurs consultés :
Information : La décision est prise et l’action consiste à mettre au courant les personnes concernées. En principe, rien n’oblige les élus à tenir compte des conclusions de l’action. Nous sommes ici plus dans une opération de communication que de concertation.
Consultation : Les citoyens vont ici exprimer réellement leurs positions. L’échange est engagé, mais l’élu ne s’engage pas au début de l’action à modifier son projet en fonction des discussions.
La co-production : Au départ les élus et ses experts se contentent de fixer les règles de l’action ainsi que les contraintes indiscutables. Ensuite il invite les autres acteurs à participer activement au développement du projet. Bien évidemment, l’élu se réserve la décision. Cependant, cet acte pourrait se limiter à valider des délibérations de l’ensemble des participants au processus.