une nouvelle voie vers l'habitat durable
Philosophie et principesDeux aspects fondamentaux caractérisent l’habitat groupé en autopromotion:
Ces projets naissent donc généralement suite à une rencontre entre personnes qui partagent certaines valeurs et qui souhaitent adapter leur habitat à ces idées individuelles et communes. La traduction architecturale porte donc une très grande attention aux circulations entre les espaces privés et communs, entre les familles, entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’espace des enfants et celui des parents etc. Cette grande proximité de voisinage choisi favorise plus qu’ailleurs le sociabilité spontanée et renforce les liens entre les habitants.
Souvent mais sans obligation, ces projets se dotent d’équipements communs. On peut citer la buanderie collective, un atelier de bricolage, une salle des fêtes ou des chambres d’amis partagées. Si le terrain le permet, on peut aussi envisager une aire de jeu, une piscine (naturelle éventuellement) ou un potager. Tous ces éléments sont des sources d’économies d’échelle et des points de rencontres ou naissent des histoires, des décisions sont prises ou des projets communs s’imaginent...
Enfin ces lieux stimulent l’entraide et la solidarité. Les liens choisis entre les voisins permettent de trouver rapidement une solution pour un problème du quotidien, qu’il s’agisse de la garde d’enfant, de co-voiturage ou d’une panne d’ordinateur. Et quand un problème de santé ou personnel se présente, on trouve plus facilement un soutien moral et affectif. Des règles très clairs définissent les aspects de propriété, que ce soit sous forme de coopérative ou de copropriété, et du fonctionnement économique ou organisationnel en général. Néanmoins, ces règlements ne sont pas forcement plus compliqué qu'un règlement de copropriété conventionnel, avecle voisinage subi en moins...
«Promotion» versus «Autopromotion»: une alternative plus durable ?
Si le néologisme « autopromotion » s’est construit en France en référence à celui de la «promotion» c’est peut être pour mieux se démarquer du modèle dominant et de sa production qui est justement critiquée. Le logement peut-il être une marchandise, un bien de consommation que l’on achète ou loue comme un autre ? Le logement est-il un produit financier que l’on loue pour bénéficier d’avantages fiscaux, un placement avec lequel on spécule ? Le logement est-il un produit industriel standardisé, «une machine à habiter» comme le qualifiait en son temps Le Corbusier ?
Oui il est tout cela pour la majorité du public contemporain mais il est bien plus encore pour une autre partie de la population. Le logement est une «troisième peau» de l’homme, il est abri et lieux de vie et d’épanouissement pour une famille et la micro société du «voisinage», il est l’ancrage dans un lieu, une culture, un réseau de relations sociales de proximité. Le logement et l’immeuble composent l’image du quartier et la ville. En s’identifiant au logement dont il est propriétaire, l’habitant s’inscrit dans un lieu et la durée.
La promotion immobilière produit un habitat dont la durabilité est structurellement limitée par :
L’autopromotion apparaît quant à elle structurellement plus qualitative du fait que le propriétaire et l’usager final conduit lui-même l’entreprise de construction de son habitat. Sa perspective est naturellement la performance, la qualité d’usage et la valeur patrimoniale à long terme.
L’autopromotion : un réveil de la société civile ?
La mise en oeuvre du développement durable suppose une révision qualitative des objectifs et des moyens et le cas échéant une remise en cause des pratiques ou des structures en place. Les maîtres d’ouvrages publics ou semi publics (aménageurs ou constructeurs, bailleurs sociaux) sont à ce jour dans une phase de transition et expérimentent qui le développement durable, qui les démarches HQE certifiées ou non. Qu’en est-il de la société civile ?
Dans le milieu de l’habitat, l’autopromotion marquerait de son côté une heureuse évolution de la société civile vers plus de responsabilité et de durabilité, une évolution caractérisée par :
Plus éduquée, sensible aux problématiques urbaines et environnementales, un certaine frange de la population manifeste une nouvelle « conscience civique» et de nouvelles «exigences» et n’attend plus tout de «l’Etat providence», qui par ailleurs ne peut plus tout et n’a plus d’argent !ceci pour répondre aux besoins et rendre effectif le «droit au logement».
Une solution qui diminue les coûts du logement
L’autopromotion permet de diminuer sensiblement le coût des logements. Le groupe de maître d’ouvrage peut se passer d’un certain nombre de frais que le promoteur professionnel intègre dans ses prix.

Diagramme comparatif entre coût d’un logement produit par un promoteur ou en autopromotion.
A qualité et niveau de finition égale La solution de l’autopromotion permet une diminution du coût final de 580 € ttc/m2 habitable, soit 17% par rapport au prix du promoteur.