La situation et les tendances actuelles
Le Languedoc-Roussillon compte 2,3 millions d'habitants. Entre 1990 et 1999, la région a enregistré la plus forte croissance démographique des régions françaises : + 0,9 % par an, soit 20 000 habitants supplémentaires chaque année. Sa population a crû à un rythme deux fois et demie plus rapide que la moyenne des régions françaises. Cette croissance est principalement (90 %) due à l'excédent migratoire en provenance des autres régions métropolitaines. Le solde naturel y participe pour très peu. Le Languedoc-Roussillon est ainsi la région la plus « attractive » de France. Même si on constate un ralentissement de l'apport migratoire depuis 1990, le niveau reste très élevé et, d'ici 2015, le Languedoc-Roussillon accueillerait entre 11 300 et 17 900 nouveaux habitants par an selon le scénario migratoire retenu. Cette évolution démographique particulière est au cœur de la définition des enjeux environnementaux et de l'aménagement du territoire en région à long terme.
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La tache périurbaine de Montpellier
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Le Languedoc-Roussillon se situe au premier rang des régions françaises pour l'accroissement de son parc de logements : + 15,3 % de 1990 à 1999, soit 20 500 nouveaux logements chaque année, largement au-dessus de la moyenne nationale (+ 9,3 %). Près de la moitié des constructions a eu lieu dans l'Hérault et 20 % dans les Pyrénées-Orientales. Un quart du parc de logements régional se trouve sur le littoral. La part des résidences secondaires reste une des plus élevées de métropole avec 22,6 % et un pic de 58 % sur le littoral.
Les conséquences de l'étalement urbain sur l'environnement
L'étalement urbain est responsable pour une bonne part des dégradations environnementales. Les espaces naturels sont menacés. Sur le littoral, les milieux naturels ouverts et les forêts ont fourni plus de 30 % des terres artificialisées. À une telle échelle, la disparition des milieux fragiles et la transformation des usages du sol déséquilibrent le fonctionnement des écosystèmes situés sur la bande littorale. On note une réduction de la richesse et de la diversité biologique, des modifications du cycle de l'eau, des ruptures dans la chaîne alimentaire. Ce qui reste des écosystèmes littoraux peut également subir les effets indirects de l'urbanisation : pollutions diverses, augmentation du ruissellement, érosion accrue du cordon littoral ou bien comblements d'étangs, introduction d'espèces exotiques, etc. La pression urbaine des agglomérations comme Montpellier, Narbonne, Perpignan, Nîmes et l'expansion des stations touristiques menacent certains grands espaces régionaux et interrégionaux ; notamment le triangle sud de Montpellier, la Petite Camargue, les pays et étangs du Narbonnais, la côte rocheuse du Roussillon. En banalisant les paysages, cette périurbanisation détériore progressivement l'image et le cadre de vie particulièrement attractifs de la région.
La pression urbaine sur des sols aux potentialités agronomiques élevées
La pression par l'urbanisation s'exerce au détriment d'une ressource naturelle patrimoniale : les sols aux potentialités agronomiques élevées. Face à la concurrence des autres activités (tourisme, zones artisanales et commerciales, etc.), les surfaces agricoles exploitées reculent, notamment dans les communes littorales. Le foncier est plus apprécié en fonction de sa valeur immobilière potentielle que de sa valeur de production. En conséquence, il devient quasiment indisponible pour l'agrandissement ou l'installation d'exploitations agricoles. Les exploitants agricoles subissent en zone périurbaine de nouvelles contraintes de gestion : destructuration du parcellaire, conflits de voisinage, vols et dommages sur les biens, dégradation des sols, etc. La friche occupe alors fréquemment des terrains en situation transitoire d'aménagement, donnant lieu à un phénomène particulier de déprise.
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Le développement du tissu périurbain se traduit par un accroissement sensible du nombre et des distances des déplacements domicile-travail. Sur la plaine littorale, l'urbanisation en taches d'huile autour des villes importantes intensifie les déplacements pendulaires vers les centres-ville et limite l'utilisation des transports collectifs
Une augmentation des risques d'inondation
La diminution, voire la suppression des zones naturelles d'expansion des crues et l'imperméabilisation des sols par un étalement urbain mal maîtrisé concourent à l'aggravation des risques d'inondation. Le développement de l'urbanisation n'a pas suffisamment intégré le risque d'inondation et tout particulièrement le risque exceptionnel.
La réaction des collectivités
Face à la pression démographique et ses conséquences sur les paysages et la vie sociale, les collectivités s'interrogent aujourd'hui sur la marche à suivre. Lors des manifestations, comme la journée d'étude « Territoire Uzège - Pont du Gard, Perspectives 2020 », organisée par l'association l'Uzège en septembre 2005 ou les Premières Rencontres « Habiter sans s'étaler », organisées par le Conseil Général et le CAUE de l'Hérault le 25 octobre 2005, les professionnels et élus débattent sur les conséquences et perspectives de leurs politiques d'urbanisme. Comment concilier le développement de leurs villes et villages avec le souci de préserver les paysages et les ressources locales.