Afin de réaliser des avancées significatives il faudrait que, au-delà des progrès techniques à réaliser, les acteurs modifient substantiellement leurs manières de travailler ensemble. Ce ne sera que par une réelle appropriation culturelle des acteurs de terrain que le développement durable progressera.
La capacité d'innover de la construction écologique passe par l'acceptation de la part de tous les acteurs participants de faire face ensemble et de façon coordonnée aux nouveaux challenges, et d'accepter de nouvelles structures. Il s'agit de favoriser l'innovation par la mise en place d'une structure rendant possible un processus d'apprentissage permanent qui garantit l'échange ainsi que la conservation et la transmission des expériences.
La structure traditionnelle de la construction est marquée par un principe d'organisation verticale et hiérarchique. Ce système, rigide et pauvre en communication entre les différents acteurs, ne semble peu ou pas adapté aux exigences d'innovation. Il est souhaitable de voir se constituer des regroupements de compétences, comme, par exemple, des équipes de construction regroupant tous les corps de métiers, ou des équipes de conception et de gestion avec architectes, bureaux d'étude et spécialistes SME. La présence de ces compétences à côté du maître d'ouvrage dès la conception du projet permet de mieux saisir les attentes et besoins du maître d'ouvrage, qui augmentera sa capacité d'identification avec son projet et une plus grande satisfaction qui en découle. Cette organisation améliore les chances d'éviter les erreurs coûteuses de construction qui apparaissent couramment à cause d'un déficit de coordination et par manque de discussions techniques. Le travail en équipe améliore ainsi la sûreté, voir la réduction des coûts, ainsi que la qualité de la construction et le respect des délais.
On doit également promouvoir la constitution de groupes de maîtres d'ouvrage. Ceci ne constitue pas seulement des avantages financiers par une économie d'échelle. Une telle union permet une augmentation significative des compétences des porteurs de projets qui pourront mieux définir leurs objectifs et le faire partager par les autres intervenants. L'apparition de maîtres d'ouvrages compétents et réunis changera certainement le paysage de la structure traditionnelle de la construction et bouleversera les habitudes de tous les professionnels. Mais ce changement culturel est nécessaire pour l'adaptation de l'organisation à l'innovation.
Les architectes resteront au coeur de la problématique. Ils doivent disposer d'une solide formation en matière de construction écologique, être à l'écoute des futurs propriétaires, pouvoir proposer des solutions performantes en matière de conception, de matériaux et de techniques employés, et faire rigoureusement appliquer le programme par les fournisseurs et prestataires de service. Mais le travail d'équipe relativise son rôle central. Il se transforme d'avantage en modérateur qui mène les discussions et synthétise les résultats.

De nouvelles compétences seront intégrées dans le processus. On peut identifier le Système de Management Environnementale (SME) qui vise à organiser la vie d'un bâtiment dès sa conception jusqu'à la destruction. En effet, le SME élabore une politique environnementale qui définit et vérifie un exigentiel. Il propose, le cas échéant, des modifications et des adaptations. Le SME pour maisons individuelles ne peut se réduire à un simple livre, type 'mode d'emploi', destiné au futurs occupants. Seul un suivi discret mais permanent et personnalisé, pourra permettre une vraie évaluation des performances d'une construction. Cette surveillance durable permettra l'intervention en cas d'une défaillance technique ou proposera des adaptations ou améliorations quand cela semblera opportun. Elle rassurera les propriétaires et aidera à les convaincre du bien fondé de leurs choix.